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26 Jan, 2024

Une digue d’urgence auto-alimentée pourrait produire de l’énergie en cas de tsunami

Une digue d’urgence auto-alimentée pourrait produire de l’énergie en cas de tsunami

Des digues mobiles se déploieront pour protéger les ports en cas de tsunami

Les barrières maritimes auto-déployables offrent aux villes côtières une certaine protection contre les forces destructrices des tsunamis, mais un problème peut se poser en cas de panne d’électricité lors d’une catastrophe. D’où cette proposition japonaise d’un mur qui génère sa propre énergie.

Selon le système américain d’alerte aux tsunamis, il n’y a que deux tsunamis par an dans le monde qui causent des morts ou des dégâts. Les tsunamis plus importants, capables de causer des morts ou des dégâts à plus de 1 000 km de leur point d’origine, se produisent à un rythme d’environ deux par décennie.

Mais ils constituent l’une des forces destructrices les plus puissantes de la planète et, pour des régions comme le Japon, qui subit un pourcentage disproportionné de tsunamis (20 %), ils représentent une menace constante, apparaissant à brève échéance pour raser des bâtiments, détruire des biens et faire chavirer des navires.

L’un des moyens d’arrêter les dégâts, ou du moins de les atténuer, consiste à enfouir de grandes barrières dans le fond marin autour des ports, de grandes portes flottantes qui peuvent être rapidement soulevées du fond de la mer lorsqu’une catastrophe se profile. Mais qu’en est-il de leur redescente, pour rouvrir un port qui aurait perdu de l’énergie pendant la catastrophe ?

C’est le problème spécifique que des chercheurs de l’Institut de technologie de Tokyo ont tenté de résoudre dans une nouvelle étude, qui propose plusieurs digues courtes et mobiles par port, avec environ 30 cm d’espace libre entre elles.

Les générateurs microtidaux installés entre les portes produiront plus d’électricité qu’il n’en faut pour assurer leur propre fonctionnement

Dans ces espaces seront installées un certain nombre de petites turbines de générateurs microtidaux, capables de produire plus qu’assez d’énergie pour faire fonctionner les treuils nécessaires pour rétracter les digues dans le fond de la mer et rouvrir le port.

Microtidal: Ce terme fait référence au marnage qui est la « différence de niveau entre la marée haute et la marée basse d’une marée ». Il est parfois appelé hauteur de marée (terme parfois également utilisé pour la hauteur d’eau) ou amplitude de marée (l’amplitude de marée est tantôt assimilée au terme anglais tidal range désignant le marnage, tantôt assimilée au terme tide amplitude désignant le demi-marnage (différence de hauteur d’eau à pleine mer ou à basse mer avec celle de la mi-marée. Et un milieu microtidal est lorsque le marnage est inférieur à 2m)

Elles génèrent ainsi l’énergie nécessaire à leur propre fonctionnement et, en l’absence de tsunami, elles peuvent également produire jusqu’à 1 000 kWh d’énergie propre par mouvement de marée, qui seront utilisés dans la zone locale. Leur utilité ne sera pas universelle : les chercheurs ont évalué 56 ports japonais et ont constaté que seuls 23 d’entre eux produiraient suffisamment d’énergie pour se hisser à nouveau sur la terre ferme.

Ce qui soulève la question suivante : pourquoi ne pas les rendre non flottants et utiliser l’énergie abondante du réseau pour les soulever à pleine hauteur avant que les grosses vagues n’arrivent, permettant ainsi à la gravité de les rétracter ensuite avec la possibilité de récupérer une partie de cette énergie ?

Néanmoins, certains ports, comme Fukuyama et Himeji, présentent un fort potentiel de production d’énergie excédentaire, qui pourrait être utilisée par les grands centres industriels situés à proximité.

« À notre connaissance, il n’existe encore aucun système au monde qui utilise des digues mobiles pour produire de l’électricité et qui utilise ensuite cette électricité pour faire fonctionner le système lui-même. En ce sens, il s’agit d’un concept totalement nouveau », a déclaré le professeur Hiroshi Takagi, chef d’équipe du projet. « Si la technologie de la barrière mobile contre les tsunamis proposée peut être fermement établie grâce à cette recherche dans les conditions difficiles de la catastrophe au Japon, il ne fait aucun doute qu’un jour cette technologie pourra être exportée et déployée à l’étranger en tant que technologie révolutionnaire de prévention des catastrophes. »

https://www.titech.ac.jp/news/2024/068268

https://www.tsunami.gov/?page=tsunamiFAQ#:~:text=1.5%20How%20often%20do%20tsunamis,occur%20about%20twice%20per%20decade.