L’association Gesip sécurise les véhicules électriques sur les sites industriels

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Gesip existe depuis 1953 et s’est spécialisée dans la sécurité des sites industriels et logistiques. L’arrivée des véhicules et engins de chantier électriques, bien que bénéfiques face aux enjeux environnementaux, soulève de nouveaux risques spécifiques. 

Gesip, créée en 1953 par trois ingénieurs sécurité, est une association loi 1901 depuis 1979. Elle rassemble aujourd’hui une soixantaine d’organismes industriels français et étrangers pour promouvoir la sécurité des personnes, des installations et la protection de l’environnement.

Acteur de référence en sécurité industrielle, Gesip propose formations, conseil et services pour la maîtrise des risques toxiques, incendie, explosion et la gestion de crise. Sa mission : améliorer les performances sécurité et diffuser une culture HSE forte.

Elle s’appuie sur des experts issus de l’industrie et des secours, élabore des référentiels professionnels et dispose d’infrastructures à taille réelle pour offrir des prestations à haute valeur ajoutée.

Les principaux enjeux liés à la sécurité sur les sites comportant des risques technologiques majeurs

« Ces enjeux, comme pour les sites SEVESO, reposent sur une approche globale de prévention et de gestion des risques. Il s’agit tout d’abord d’identifier et analyser les risques d’accidents au sein des installations industrielles, puis d’évaluer les dangers et prévoir leurs conséquences sur les personnes et l’environnement. Cette démarche implique la maîtrise des sources de risque et l’établissement de scénarios d’accidents envisageables, afin d’anticiper leurs effets possibles. » souligne Adeline Feldman, directrice Technique Nouvelles énergies chez Gesip.

Un autre enjeu essentiel est l’organisation des moyens de secours et la mise en place d’un plan de protection, incluant l’information du public. Pour les sites ICPE soumis à la réglementation SEVESO, cela se traduit par la mise en œuvre d’un Système de Gestion de la Sécurité (SGS) pour la maîtrise des risques liés à l’installation, et d’un Plan d’Opération Interne (POI) pour définir les actions à mener en cas d’incident. L’Étude de Dangers (EDD) joue un rôle central en permettant de comprendre les risques et de définir une stratégie de prévention, tandis que le POI explique comment réagir face à ces risques.

Comment accompagner les industriels dans l’adaptation aux nouveaux types de risques liées à la transition énergétique ?

Gesip a créé le Comité de Veille Nouvelles Énergies (à partir de 2024). Ce comité a pour mission de suivre l’évolution des technologies et des réglementations associées aux nouvelles énergies, et d’anticiper les impacts en matière de sécurité industrielle.

Concrètement, ce comité organise trois réunions par an réunissant les adhérents et, si nécessaire, des experts extérieurs. L’agenda typique inclut :

  • Avancement des groupes de travail et documents associés,
  • Actualités réglementaires,
  • Retours d’expérience (Rex) sur incidents, accidents et presque-accidents,
  • Identification des besoins de formation,
  • Tour de table sur les nouveaux sujets à caractère HSE.

Grâce à cette veille collaborative, Gesip permet aux industriels de partager leurs expériences, de se préparer aux risques émergents et de définir des approches communes pour garantir la sécurité dans un contexte de transition énergétique.

Accès des véhicules électriques aux sites industriels à risques

Qu’il s’agisse de sites classés Seveso ou à haut risque, les retours d’expérience d’incendie de véhicules ou bus électriques montrent que ce type de feu sont difficiles voire impossible à éteindre. Par ailleurs, la vente de ces véhicules et engins de chantier électrique devient de plus en plus importante. Ils vont remplacer les véhicules traditionnels sur les sites industriels.

Pour Adeline Feldman: « Même si aujourd’hui ils sont minoritaires, demain, ce sera l’énergie majoritairement utilisée pour ce type de mobilité. Pour ces 2 raisons, les sites industriels à risques technologiques doivent garantir la sécurité en analysant les potentiels nouveaux risques qu’apportent ces véhicules ou engins de chantier électrique ».

Gesip avec ses adhérents, propose à travers son guide un travail de réflexion et d’analyse conduisant à une série de recommandations permettant à un exploitant de site industriel de définir les conditions d’accès, de circulation et de stationnement de véhicules et engins de chantier électriques dans ses installations.

Les nouveaux risques liés aux VE sur un site sensible

L’un des plus importants, nouvellement apporté par ces véhicules réside essentiellement dans le phénomène d’emballement thermique de la batterie li-ion, la difficulté d’extinction et la durée de traitement de l’événement. Les impacts d’un VE en feu par effet domino peuvent entrainer un accident avec des conséquences immédiates graves pour les personnes, les biens, l’environnement, ou la perte d’un élément de sécurité critique dans les sites  industriels.

Face à cette problématique, Gesip dans son guide recommande avant toute chose de définir ces zones critiques. Cela permet de définir une  zone dans laquelle se trouve un équipement industriel, un process ou une infrastructure susceptible d’être affectés par les conséquences de l’emballement thermique d’une batterie de véhicule électrique. L’entrée, la circulation, le stationnement et la gestion des véhicules électriques ou des engins de chantier devront être intégrés aux consignes, procédures et règles générales d’accès et de sécurité des sites industriels en fonction des zones critiques définies par l’industriel. Ces recommandations concernent à la fois les véhicules ou engins de chantier électriques mais également le comportement et la formation des conducteurs aux risques et consignes de sécurité

Principales règles :

  • Pas de stationnement en zone critique (sauf si le véhicule ou engin est surveillé : exemple pour décharger ou charger du matériel).
  • Circulation autorisée en zone critique / BMS (Battery Management System) sans alarme / batterie pas < à 20%

En plus, pour évaluer la compatibilité entre un site industriel et l’accès de véhicules à motorisation électrique (flottes internes, visiteurs, transporteurs), les recommandations portent sur les risques liés à la batterie Li-ion. Elles complètent les règles de sécurité déjà en place sur les sites industriels liées aux motorisations autres qu’électriques (Li-ion) : Essence, Diesel, GNV, etc…

Le risque de l’intégration des VE est intégré dans les plans d’opération internes (POI) et plans d’urgence à travers des fiches réflexes ou de bonnes pratiques d’intervention.

Il faut comme toutes stratégies d’intervention respecter la règle des 4 i :

  • Identifier : Le type d’Energie du Véhicule, (Ce qui permet d’adapter la tactique d’intervention au type de feu),
  • Informer : Les secours internes et externes
  • Isoler : Etablir un périmètre de sécurité (Isoler la zone des déplacements de personnels ou autres véhicules aux alentours). Si véhicule électrique en charge, isoler électriquement la borne de recharge (arrêt d’urgence, disjoncteur, coupure générale ou isoler le véhicule de la borne de recharge (si feu naissant) en retirant le connecteur de recharge. Eviter la propagation aux biens et à l’environnement dans l’attente des secours et utiliser les moyens d’incendie à disposition des équipes de 1ère et 2ème intervention. (Extincteur, RIA, engins incendie…);


L’eau * est l’agent de refroidissement le plus efficace pour refroidir une batterie Li-ion et permet de limiter la possibilité et les conséquences d’emballement thermique. Mise en place d’un brouillard d’eau, rideau d’eau, queue de paon, etc…. Selon les moyens en eau disponibles sur site *.

  • Intervenir : Si emballement thermique avéré, ne pas intervenir directement, rester à l’écart tout en maintenant la protection sur les installations à proximité. Le feu du véhicule est pris en charge par les sapeurs-pompiers et / ou par les équipes de sécurité et d’intervention constituées et formées en interne


Ne jamais exposer le personnel aux fumées en l’absence d’EPI (Equipements de Protection Individuelle) avec le port de l’ARI (appareils respiratoires isolants) obligatoire

Les points de contrôle à instaurer

L’accès des VE dès le poste d’entrée exige que tous les véhicules et engins électriques portent une identification visible et compréhensible de la motorisation électrique pour l’accès, la circulation et le stationnement sur les sites industriels. Quant aux véhicules hybrides et hydrogène, ils sont équipés des batteries Li-ion. Le guide de Gesip étudie le risque d’emballement thermique lié à la batterie Li-ion présente dans le véhicule. Le risque Hydrogène n’a pas été étudié.

Gestion sécurisée des bornes de recharge

Ces bornes présentent les mêmes risques que pour les batteries Li-on. Il est à noter qu’une borne électrique ne peut pas être positionnée en zone ATEX ( ATmosphère Explosive), ni dans la zone critique. Une borne électrique seule n’a aucun risque d’emballement thermique. Le risque principal est électrique dans ce cas.

Pour Gesip qui n’est pas un installateur de bornes, mais en connait parfaitement le fonctionnement, les recommandations sont simples. Si la borne est en zone critique, le véhicule en charge sera stationné en zone critique. Donc ces bornes sont obligatoirement positionnées en dehors des zones critiques. Et pour compléter, l’installation de ces bornes doivent respecter les exigences réglementaires en vigueur spécifiées par des organismes habilités pour leurs mises en place.

Pour former les employés présents sur les sites industriels et dotés de véhicules électriques, l’association Gesip organise des formations en e-learning comme par exemple, « les interventions d’urgence sur les feux de véhicules nouvelles énergies » ou « l’Accueil sécurité pour les conducteurs de véhicules électriques sur site industriel ».

Ces formations permettent par exemple, de prendre connaissance du risque et des règles imposées par les sites industriels et savoir réagir en cas d’incident ou d’événement : Alarme sur le tableau de bord par exemple, choc de la batterie ou encore début d’incendie.

Pour la formation liée à l’Accueil Sécurité, les participants prendront connaissance des règles et consignes en vigueur sur le site industriel. Ils connaitront quelles sont les règles et procédures a appliquer dans les zones à risques. Ces zones sont identifiées par les industriels sur les plans de circulation des sites.

Même si les statistiques montrent que le risque d’incendie des voitures électriques est plus faible que celui des voitures à combustion. Gesip a souhaité publier en octobre 2025, un guide qui décrit les mesures à prendre pour maîtriser un tel événement. Il recommande également aux industriels d’intégrer ce nouveau risque dans l’étude de danger de leurs installations et de réviser leurs POI et plan d’urgence.  Pour accéder au guide, cliquez ici

« La sécurité des véhicules électriques sur les sites industriels est un enjeu majeur qui nécessite une implication forte de la part des conducteurs et des entreprises elles-mêmes. En prenant les mesures adéquates et en s’appuyant sur l’expertise de professionnels qualifiés, les industriels peuvent relever ce défi et garantir un environnement de travail sûr et performant, conclut Adeline Feldman.

https://gesip.com

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