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2 Fév, 2024

Le générateur énergétique de fond de mer WaveRoller sur le point d’être déployé commercialement

Le générateur énergétique de fond de mer WaveRoller sur le point d’être déployé commercialement

Un prototype Waveroller de 350 kW en route pour une installation au large du Portugal en 2019

L’énergie houlomotrice reste l’une des options d’énergie propre les moins exploitées, avec un potentiel énorme dans le cadre d’un réseau d’énergie verte. L’entreprise finlandaise AW Energy s’apprête à déployer un concurrent à grande échelle, le Waveroller, qui repose sur le fond marin et produit jusqu’à 1 MW.

L’énergie houlomotrice ne semble pas être un secteur qui évolue très rapidement. Nous avons vu beaucoup d’idées fascinantes dans ce domaine, des bras de pompe montés sur des jetées aux barils télescopiques, en passant par les clapets élastiques de fond de mer et deux différents types de générateurs d’évent artificiels, pour n’en citer que quelques-uns, mais presque tous restent à l’état de pilote/prototype.

Ce qui est ennuyeux ; l’énergie des vagues est très fiable, très prévisible et disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 sur les côtes du monde entier, c’est-à-dire là où beaucoup de gens aiment vivre. Elle devrait être un ajout rêvé au bouquet d’énergies renouvelables. Mais les choses avancent si lentement qu’on peut se demander où est le problème.

WaveRoller – Se brancher sur l’énergie des vagues

L’idée du WaveRoller est née lorsqu’un plongeur a remarqué qu’une grande trappe sur une épave bougeait d’avant en arrière avec une puissance considérable lorsque les vagues passaient dessus. Il s’est alors demandé si le même effet de « déferlement », qui fait bouger les particules d’eau d’avant en arrière en forme d’ellipse horizontale près du rivage, pouvait être exploité pour actionner un piston hydraulique et produire de l’électricité.

Il a fallu attendre 1999 pour tester un concept, puis 2005 pour que des fermes d’essai à petite échelle soient installées en Écosse et en Équateur, et enfin 2016 pour qu’un modèle soit fabriqué, assemblé, testé et certifié dans toute l’Europe. La première WaveRoller commerciale, une unité de 350 kW, a été connectée au réseau en 2019, à 800 m de la côte portugaise, à Peniche. Le voici, tout neuf, en train d’être remorqué et déployé.

Déploiement de la WaveRoller

Et le voici, tiré pour inspection deux ans plus tard. Une partie du problème est peut-être assez claire : l’océan est une dure maîtresse. Tout ce que vous y laissez est battu par le sel, rongé par la corrosion et joyeusement colonisé par les bernacles.

Le point culminant de notre projet d’énergie houlomotrice WaveRoller

Mais AW Energy n’est pas mécontent de ce résultat : « Nous sommes ravis de confirmer que l’unité et ses composants externes sont en excellent état, il suffit de regarder la photo pour se convaincre de la durabilité et de la qualité de ce système », peut-on lire sur la page Facebook de l’entreprise le jour où elle a été hissée sur le rivage.

Depuis 2020, l’entreprise travaille sur un projet soutenu par un financement de l’UE, afin d’adapter le WaveRoller et ses éléments associés à la fabrication en série, ainsi qu’au déploiement dans des réseaux de 10 à 24 unités WaveRoller. Ces réseaux, appelés fermes à vagues, seront posés sur le fond marin entre 8 et 12 mètres de profondeur, à une distance maximale de 2 km du rivage.

Chaque WaveRoller est conçu pour produire 1 MW d’énergie de pointe et, dans une étude publiée en 2023 dans la revue Renewable Energy, nous apprenons que chacun devrait produire entre 624 et 813 MWh par an. En termes de coût de l’énergie nivelé (LCoE), la houlomotrice est de loin la plus compétitive des cinq technologies étudiées, avec un LCoE de 100-150 USD/MWh.

À titre de comparaison, ce chiffre est largement inférieur à celui de l’éolien en mer, dont le coût se situe entre 82 et 255 USD/MWh en 2022 selon le ministère américain de l’énergie, et qui a bénéficié de nombreuses années de développement commercial pour atteindre ce niveau de coût.

Le WaveRoller repose sur le fond de la mer, partiellement ou totalement immergé, et exploite l’effet de surtension provoqué par les vagues lorsqu’elles s’approchent du rivage.

Matthew Pech, directeur financier d’AW-Energy, a déclaré dans un communiqué de presse que le WaveRoller peut « fournir de l’électricité plus proche de la charge de base que d’autres énergies renouvelables et maintenir l’Europe à la pointe des technologies renouvelables innovantes ». Le projet WaveFarm « a permis à AW-Energy de prendre des mesures importantes pour générer des liquidités positives, à la fois pour l’entreprise et pour le secteur européen de l’énergie océanique, en préparant la technologie et l’entreprise au déploiement commercial des dispositifs, et en développant le pipeline de ventes lui-même. « 

La société « prévoit un pipeline de projets mondiaux de 150 MW pour la solution WaveFarm » et « anticipe un apport de 275 millions d’euros à l’économie européenne et la création de 500 emplois au cours de la prochaine décennie ».

En effet, la société a signé un protocole d’accord avec une entreprise d’énergie propre en Namibie, en vue de déployer une ferme à vagues sur la côte de Swakopmud.

https://oceans-and-fisheries.ec.europa.eu/news/wavefarm-unleashes-wave-energy-sustainable-future-2024-01-31_en

https://aw-energy.com/

https://aw-energy.com/aw-energy-signs-mou-in-support-of-namibias-decarbonization-goals-using-its-wave-energy-technology-waveroller/