Des escrocs exploitent de minuscules fautes de frappe pour inciter les gens à envoyer de l'argent dans leurs portefeuilles de crypto-monnaie

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Les attaquants peuvent « entourer » des domaines Web3 bénins afin de tirer profit des fautes de frappe. Contrairement au squattage de domaine traditionnel, une simple faute de frappe peut entraîner la perte immédiate et irrévocable des fonds de l'utilisateur.

Le squatting consiste à utiliser un nom de domaine dont on n’est pas le propriétaire légitime. En informatique, le squatting se traduit par la présence d’un nom de domaine sur lequel on a usurpé une autre marque ou entreprise. Le squatting est un phénomène courant sur Internet et peut poser de réels problèmes. On le retrouve notamment sur les réseaux sociaux, où des pseudos s’enregistrent sous le nom d’une star, d’un politique, d’un personnage public ou encore d’une marque.

Une équipe de chercheurs en cybersécurité de l'université de Stony Brook aux Etats-Unis a découvert un nouveau moyen pour les escrocs de voler les utilisateurs de crypto-monnaies qui ne se doutent de rien. Ils ont publié sur le serveur arXiv preprint un article décrivant cette nouvelle escroquerie et expliquant comment les utilisateurs peuvent se protéger.

Les crypto-monnaies sont des monnaies numériques gérées sur une plateforme en ligne sécurisée. Coinbase en est un exemple. Les crypto-monnaies sont stockées dans un portefeuille de crypto-monnaies. Dans cette nouvelle étude, l'équipe de New York rapporte que les escrocs ont trouvé un moyen d'inciter les gens à rediriger les paiements en crypto-monnaie des destinataires vers les portefeuilles détenus par les escrocs.

Les chercheurs appellent cette escroquerie le « typosquatting ». Elle consiste à créer des noms de domaine Blockchain Naming Systems (BNS) similaires à ceux utilisés par des entités bien connues. Elle exploite l'utilisation d'adresses simples basées sur des mots plutôt que les codes de lettres et de chiffres compliqués et difficiles à retenir généralement associés aux portefeuilles de crypto-monnaie.

Pour envoyer de la crypto-monnaie de cette manière, il suffit de taper une adresse basée sur un mot associé au destinataire prévu. Mais si l'utilisateur se trompe légèrement dans l'orthographe de l'adresse et qu'elle correspond à celle que l'escroc a créée, l'argent va à l'escroc et, en raison de la nature numérique de la monnaie, l'expéditeur n'a aucun moyen de corriger l'erreur.

Pour se faire une idée de l'ampleur du problème, l'équipe de recherche a examiné plus de 5 millions de noms de domaine BNS qui ont été impliqués dans plus de 200 millions de transactions sur trois plateformes principales. Ils ont trouvé ce qu'ils pensent être 25 000 domaines squattés et ont constaté qu'ils ciblaient environ 37 % des noms légitimes.

Ils ont également noté que nombre d'entre eux visaient des personnalités connues du monde de la crypto-monnaie, comme Vitalik Buterin, un nom particulièrement facile à taper. Dans le cas des dons, ni l'expéditeur ni le destinataire ne peuvent savoir qu'ils ont été escroqués. La seule façon pour les utilisateurs de se protéger, suggèrent les chercheurs, est de vérifier deux fois l'orthographe lorsqu'ils envoient de la crypto-monnaie.

https://techxplore.com/news/2024-11-scammers-exploit-tiny-typos-people.html

https://arxiv.org/abs/2411.00352

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