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20 Juin, 2026

Uber, Wayve et Stellantis unissent leurs forces pour faire progresser la technologie des robotaxis.

Uber, Wayve et Stellantis unissent leurs forces pour faire progresser la technologie des robotaxis.

Stellantis a déjà présenté sa plateforme de taxis autonomes de niveau 4 lors de l’événement Move 2026 qui s’est tenu ce mois-ci à Londres.

L’accord technologique annoncé cette semaine entre Stellantis, Wayve et Uber constitue une nouvelle avancée majeure dans la course à la fourniture – et à la rentabilité – des taxis autonomes.

Pour une fois, l’article semble moins porter sur les progrès techniques concernant la manière dont les voitures se faufilent entre les obstacles de la route, que sur le financement de la prochaine étape.

Derrière presque chaque avancée technologique dont nous parlons se cache un financement, dans l’espoir d’en tirer profit. Mais lorsque trois géants mondiaux issus de secteurs industriels totalement différents signent un protocole d’accord pour déployer des robotaxis autonomes de niveau 4 à travers le monde, cela semble être une alliance commerciale logique. Trois spécialistes distincts unissent leurs compétences pour un bénéfice mutuel. Vraiment ?

Voici comment ce trio d’entreprises mondiales a illustré cette semaine sa nouvelle alliance technologique.

Derrière les poignées de main et les sourires, il semble y avoir un déséquilibre quant à ceux qui ont le plus à gagner.

Uber externalise avec succès les aspects les plus coûteux et risqués de la guerre des véhicules autonomes et s’est parfaitement positionné pour engranger des profits colossaux. L’absence de salaire pour les chauffeurs se traduit par un meilleur rendement par course. Une fois les voitures autonomes acquises, il ne reste plus qu’à percevoir les revenus. Bien sûr, Stellantis et Wayve ne se contentent pas de générer des profits pour Uber, mais examinons de plus près ce qui se passe réellement.

Les systèmes de conduite autonome de niveau 4 actuels reposent sur une cartographie haute définition, préprogrammée et extrêmement détaillée d’une zone géographique définie. Ces cartographies sont minutieusement élaborées pour chaque ville, mètre par mètre, intersection par intersection, avant qu’un véhicule puisse y circuler. De ce fait, les robotaxis de Waymo, entreprise concurrente, sont confinés à des zones géographiques strictes.

Ce nouveau partenariat emprunte une voie technologique différente. La société britannique Wayve, spécialisée dans les technologies de conduite autonome, développe un système d’IA auto-apprenant « sans carte » permettant à un véhicule de naviguer dans des zones qu’il n’a jamais visitées auparavant.

Le système « IA embarquée » de Wayve traite les données en temps réel grâce aux caméras et aux capteurs radar du véhicule et utilise un apprentissage automatique avancé pour interpréter et s’adapter à ces environnements complexes et inédits, sans cartographie préalable. De ce fait, la technologie de Wayve devrait à terme être capable de fonctionner dans différentes régions beaucoup plus rapidement et à moindre coût que celle de Waymo.

Wayve teste déjà sa technologie de conduite autonome par IA, capable d’aller partout, dans différents endroits – la voici en action sans conducteur au Japon.

Au sein de ce nouveau trio, Wayve fournit clairement l’intelligence artificielle. Stellantis, quant à elle, semble prendre le risque financier colossal de fournir la machinerie. Le géant de l’automobile aura pour mission de concevoir, d’ingénierie et de produire en série les véhicules autonomes. Ces derniers, précise-t-elle, seront construits sur ses plateformes spécialisées « L4-Ready Platforms ».

Cela signifie que Stellantis a abandonné l’idée d’équiper les voitures de capteurs, d’ordinateurs et de caméras rapportés. L’entreprise intègre désormais des systèmes de capteurs sur mesure dans un châssis conçu spécifiquement pour la conduite autonome et suffisamment robuste pour un usage intensif 24h/24 et 7j/7, à la manière d’un Uber.

Alors, qu’apporte Uber ? La société de VTC a déjà abandonné son coûteux programme de véhicules autonomes. Grâce à ce nouvel accord, Uber pourra simplement intégrer les voitures Stellantis, équipées de l’IA de Wayve, à son réseau de taxis existant. Les passagers réserveront une course autonome via l’application Uber standard. Uber n’aura pas à investir des milliards dans le développement de l’IA ou des véhicules. Stellantis et Wayve prennent en charge toute la R&D et le matériel. Uber modifiera légèrement son application et commencera à percevoir les courses. Cela semble être une excellente affaire pour Uber.

Voici quelques informations sur la technologie dont il est question ici. La conduite autonome de niveau 4 signifie que la voiture conduit entièrement sans intervention humaine. Vous pouvez lire ou dormir pendant que le véhicule roule. Cependant, ce mode de conduite n’est disponible que dans des zones spécifiques pré-cartographiées ou par beau temps. En cas de problème, la voiture s’arrête automatiquement en toute sécurité, sans que vous ayez à intervenir.

La conduite autonome de niveau 5 représente l’objectif ultime : une automatisation complète et sans restriction. C’est précisément ce que le système basé sur Wayve espère offrir à Uber. Concrètement, cela signifie que la voiture gère la conduite en toutes circonstances, quel que soit le lieu, la route ou la météo, comme un conducteur humain.

Wayve a testé son système basé sur l’IA avec différentes voitures, comme cette Ford Mustang EV, mais devrait désormais passer aux modèles Stellantis.

Le niveau 5 peut emprunter des chemins de terre imprévisibles, des routes de campagne non balisées ou des centres-villes chaotiques partout dans le monde. Il peut affronter des blizzards extrêmes, des pluies torrentielles ou de fortes tempêtes de poussière – autant de problèmes potentiels pour le niveau 4.

Comme aucune intervention humaine n’est nécessaire, les véhicules de niveau 5 sont dépourvus de volant, de pédale d’accélérateur et de pédale de frein. L’intérieur peut être entièrement transformé en salon ou en bureau mobile.

Les robotaxis transportant déjà des passagers dans certaines villes américaines sont tous de niveau 4. La technologie de niveau 5 n’est pas encore déployée. Son développement nécessitera une intelligence artificielle capable de penser, de s’adapter et de raisonner face à des situations réelles totalement imprévisibles, à l’instar du cerveau humain.

Le point crucial survient lors d’une situation inattendue et tout à fait inhabituelle. Si l’IA peut être entraînée sur des milliards de kilomètres de conduite normale, cela ne sert à rien face à l’imprévu, comme un policier qui utilise des gestes improvisés et étranges pour diriger la circulation, une zone de travaux d’urgence soudaine avec des panneaux de déviation peints à la main ou une calèche sur une route de campagne sous une averse soudaine.

Les humains gèrent ces situations grâce à leur bon sens, mais les IA actuelles peuvent se bloquer face à une situation inédite dans leurs données d’entraînement. Un exemple flagrant a été récemment révélé lors d’une conférence : une voiture autonome a effectué un freinage d’urgence en plein milieu d’une route très fréquentée après avoir confondu une affiche de film grandeur nature sur le côté d’un bus avec des piétons. Le défi de Wayve est de créer une IA capable d’éviter ce genre d’erreurs.

https://www.stellantis.com/fr/actualite/communiques-de-presse/2026/juin/stellantis-wayve-et-uber-s-associent-pour-etendre-la-robotisation-a-l-echelle-mondiale