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10 Déc, 2023

Les nanorobots qui plient l’ADN peuvent fabriquer des copies illimitées d’eux-mêmes

Les nanorobots qui plient l’ADN peuvent fabriquer des copies illimitées d’eux-mêmes

De minuscules nanorobots ont été mis au point, capables de saisir de minuscules fragments d’ADN et de les assembler pour créer de nouvelles nanomachines, y compris des copies d’eux-mêmes.

Des chercheurs ont fait la démonstration d’un robot programmable à l’échelle nanométrique, fabriqué à partir de quelques brins d’ADN, capable de saisir d’autres fragments d’ADN et de les positionner ensemble pour fabriquer de nouvelles nanomachines soudées aux UV, y compris des copies de lui-même.

Selon le New Scientist, les robots sont créés à partir de quatre brins d’ADN seulement et mesurent à peine 100 nanomètres de diamètre, de sorte qu’un millier d’entre eux pourraient se glisser dans une ligne de la largeur d’un cheveu humain.

L’équipe de l’université de New York, de l’Institut d’ingénierie biomécanique de Ningbo Cixi et de l’Académie chinoise des sciences affirme que ces robots surpassent les efforts précédents, qui n’étaient capables que d’assembler des pièces dans des formes bidimensionnelles. Les nouveaux robots sont capables d’utiliser « un pliage et un positionnement précis sur plusieurs axes » pour « accéder à la troisième dimension et à davantage de degrés de liberté ».

Ces nanorobots sont souvent considérés comme des moyens potentiels de fabriquer des médicaments, des enzymes et d’autres produits chimiques, potentiellement à l’intérieur des cellules du corps. Mais les chercheurs soulignent tout particulièrement le fait que ces machines peuvent « autoreproduire l’ensemble de leur structure et de leurs fonctions en trois dimensions ».

Des nanorobots tridimensionnels autoréplicateurs construits à partir de quatre brins d’ADN seulement

Ils ne sont pas entièrement autonomes ; les robots, bien que « programmables », agissent en réponse à une température et à une lumière UV contrôlées de l’extérieur, et ils ont besoin de cette lumière UV pour « souder » les morceaux d’ADN qu’ils assemblent.

Une autre chose qui se dresse entre l’humanité et la grande apocalypse de la « Grey Goo » (1) à ce stade est le fait qu’ils ne peuvent pas faire de copies d’eux-mêmes – ou même de quoi que ce soit d’autre – sans disposer de quantités suffisantes des fragments précis d’ADN dont ils ont besoin.

Il s’agit néanmoins d’un phénomène assez incroyable, qui donne un aperçu des possibilités qui s’offrent à nous à un rythme effréné. Est-ce là ce que l’on ressent en vivant la Singularité ? (2)

  1. Grey goo, un scénario cauchemardesque de la nanotechnologie dans lequel des nanorobots autoréplicateurs hors de contrôle détruisent la biosphère en produisant sans cesse des répliques d’eux-mêmes et en se nourrissant des matériaux nécessaires à la vie. Le terme a été inventé par l’ingénieur américain Eric Drexler dans son livre Engines of Creation (1986). L’électronique moléculaire – un sous-domaine de la nanotechnologie où des molécules individuelles peuvent devenir des éléments de circuit – permettrait de manipuler la matière au niveau moléculaire et atomique, ce qui, combiné aux progrès des sciences physiques et de la technologie génétique, permettrait de libérer un énorme pouvoir de transformation.

  2. La Singularité technologique est l’hypothèse selon laquelle l’invention de l’intelligence artificielle déclencherait un emballement de la croissance technologique qui induirait des changements imprévisibles dans la société humaine.

https://www.newscientist.com/article/2406181-dna-nanobots-can-exponentially-self-replicate/

https://www.science.org/doi/10.1126/scirobotics.adf1274

https://science.howstuffworks.com/gray-goo.htm