La Corée du Sud supprime les barrières de sécurité pour permettre aux robots humanoïdes de travailler aux côtés des humains dans les usines.

La rédaction ·

Un essai mené auprès de 20 robots dans quatre secteurs d'activité pourrait ouvrir la voie à une adoption plus large, malgré les inquiétudes concernant la sécurité et les pertes d'emplois.

Aux États-Unis, les robots humanoïdes s'intègrent depuis longtemps dans différents secteurs de l'entreprise. Ce phénomène se produit également en Corée du Sud, qui a autorisé une dérogation aux règles de sécurité industrielle afin de tester 20 machines aux côtés des travailleurs. Pour les employés déjà inquiets d'être remplacés, la levée de ces barrières – au sens propre comme au figuré – ne sera guère rassurante.

Le ministère de l'Industrie sud-coréen a annoncé cette approbation le 13 octobre par le biais de son programme de bac à sable réglementaire, qui permet aux entreprises de tester de nouvelles technologies en bénéficiant d'exemptions aux exigences existantes.

Le problème est que la réglementation du pays en matière de sécurité des robots industriels a été conçue pour des machines qui ne se déplacent pas librement comme un être humain. Elle impose des clôtures et autres barrières séparant les zones de travail des robots de celles des personnes, ce qui compliquerait considérablement la circulation des humanoïdes dans les usines et leur collaboration avec les employés.

Selon le Seoul Economic Daily , la société de robotique et d'intelligence artificielle Robros a obtenu l'autorisation de tester ses robots bipèdes sur des sites des secteurs des semi-conducteurs, de l'automobile, de la construction navale et de la logistique. Cette dérogation permet aux robots d'opérer dans des espaces partagés avec les employés humains ou à proximité de leurs zones de travail.

 

Cela n'autorise pas les fabricants à supprimer toutes les barrières de sécurité et à laisser les robots circuler librement. Le Kyunghyang Shinmun indique que les essais se dérouleront selon des normes de sécurité supplémentaires. L'autorisation concerne un essai spécifique, tandis que le gouvernement prévoit d'utiliser les données recueillies pour réviser plus largement les exigences de sécurité relatives aux robots industriels.

Les 20 robots seront répartis entre Nepes (semi-conducteurs), Sungwoo Hitech (automobile), HD Hyundai Samho (construction navale) et Delivery Lab (logistique). Leurs tâches comprendront le nettoyage des composants d'emballage de semi-conducteurs, le positionnement des pièces de carrosserie, l'empilage des supports d'échafaudage et le déplacement d'emballages logistiques réfrigérés.

Les autorités voient dans les humanoïdes une solution pour pallier la pénurie de main-d'œuvre, améliorer la productivité et effectuer des tâches jugées trop répétitives ou dangereuses pour les humains. Reste à savoir si les travailleurs partagent cet avis.

Le syndicat de Hyundai avait averti en début d'année que le déploiement de robots humanoïdes pourrait entraîner d'importantes pertes d'emplois et avait insisté pour que la direction obtienne son accord avant toute introduction de robots. Hyundai, de son côté, a répondu que les robots permettraient de réduire les tâches physiquement pénibles et dangereuses.

On a beaucoup parlé de l'efficacité de ces robots, mais leurs capacités réelles restent incertaines. Début 2026, UBTech a admis que ses humanoïdes Walker S2 n'atteignaient que 30 à 50 % de la productivité humaine , malgré l'intérêt croissant des industriels.

À l'instar de l'intelligence artificielle, on craint que des robots humanoïdes pleinement fonctionnels ne provoquent un chômage massif, avec des conséquences désastreuses pour l'économie. Bill Gates estime que la solution pourrait consister à imposer aux robots le paiement des cotisations sociales lorsqu'ils remplaceront les humains.

https://en.sedaily.com/finance/2026/10/13/korea-clears-first-factory-test-of-20-humanoid-robots

Source : en.sedaily.com

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