Fauna Robotics vient de créer le premier humanoïde que vous voudriez voir vivre chez vous.
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Imaginez un robot humanoïde : vous visualisez sans doute une forme élégante, vaguement menaçante, ou du moins un peu froide. Peut-être est-il conçu pour une chaîne de production, imposant et intimidant, ou bien pensé pour ressembler étrangement à un humain, provoquant cette sensation de vallée de l'étrange. Dans tous les cas, ce n'est pas vraiment le genre d'objet que vous souhaiteriez avoir dans votre salon.
C’est ce qui rend Sprout si différent. Cet humanoïde portable de Fauna Robotics, tout juste sorti de sa phase de développement confidentielle, adopte une approche radicalement différente en matière de conception robotique. Au lieu de chercher à imiter un humain impressionnant ou à créer une ambiance industrielle, Sprout mise sur un style étonnamment accessible et véritablement charmant.
Concepteur : Fauna Robotics

Mesurant à peine 1 mètre et pesant environ 23 kilos, Sprout est compact et léger, contrairement à la plupart des robots humanoïdes. Mais ce qui le distingue vraiment, ce sont ses sourcils en forme d'antennes, perchés sur sa large tête rectangulaire. Ils se déplacent de haut en bas comme de petits essuie-glaces, conférant à ce robot une expressivité qui le fait ressembler davantage à un personnage Pixar qu'à une machine impersonnelle.

Les sourcils fonctionnent de concert avec un écran facial LED à 360 degrés qui s'anime de différents motifs lumineux et de couleurs, ainsi qu'avec un langage corporel comprenant la marche, la position à genoux, le quatre pattes et la position assise. Ensemble, ces fonctionnalités créent un mode de communication qui ne se limite pas à imiter les visages ou les voix humaines. Sprout utilise tout un vocabulaire de mouvements et de lumières pour exprimer ses actions et ses sentiments, ce qui, paradoxalement, le rend moins semblable à une tentative ratée d'humanité et plus à une créature à part entière et attachante.

La philosophie de conception s'inspire clairement de robots fictifs emblématiques comme Baymax de Big Hero 6 ou Rosie des Jetsons, des personnages conçus pour être utiles plutôt que menaçants. Fauna Robotics a habillé le tout d'un revêtement extérieur doux et rembourré, sans danger au toucher, et souligne que Sprout est conçu pour évoluer dans des espaces partagés, en présence d'adultes, d'enfants et même d'animaux domestiques.

Ce n'est pas qu'un simple jouet. L'édition Creator, déjà disponible, s'adresse aux développeurs, chercheurs et institutions souhaitant expérimenter l'IA incarnée dans des environnements réels. Sous son apparence conviviale, Sprout renferme une technologie de pointe : processeur NVIDIA Jetson AGX Orin avec 64 Go de mémoire, vision stéréoscopique, quatre capteurs de temps de vol, un réseau de microphones directionnels et deux haut-parleurs.

Les premiers clients utilisent déjà Sprout. Disney, Boston Dynamics, l'UC San Diego et NYU testent actuellement des applications dans les secteurs du commerce de détail, du divertissement, des services à domicile et de la recherche. Le robot peut se déplacer aussi bien en intérieur qu'en extérieur sans zones restreintes, et sa batterie offre une autonomie d'environ 3 à 3,5 heures. Proposée à 50 000 $ pour l'édition Creator, elle se positionne comme une plateforme de développement performante plutôt que comme un produit grand public destiné à une adoption massive. Mais c'est précisément le but recherché. Fauna Robotics pose les bases de ce que pourraient devenir les robots humanoïdes une fois sortis d'usine et intégrés à la vie quotidienne.

Ce qui frappe le plus chez Sprout, c'est la façon dont il contourne le débat sur l'apparence humaine des robots. En adoptant un design plus abstrait et expressif, il évite l'écueil d'une apparence presque humaine, tout en restant attachant et accessible. Ses sourcils, d'une simplicité déconcertante, expriment bien plus d'émotions que mille tentatives d'expressions faciales réalistes.

La question plus générale est bien sûr de savoir si nous sommes prêts à accueillir des robots de ce type dans nos vies. Mais peut-être est-ce une question mal posée. La question pertinente serait peut-être de savoir si les robots sont prêts à interagir avec nous, conçus de manière à ce que l'interaction soit naturelle plutôt que forcée ou déstabilisante. Sprout suggère que la voie à suivre ne consiste peut-être pas à créer des robots à l'apparence humaine, mais plutôt des robots qui s'intègrent parfaitement aux espaces où les gens vivent, travaillent et se divertissent.

Avec son apparence douce, ses traits expressifs et son design à échelle humaine, Sprout propose une vision différente de ce à quoi pourrait ressembler la robotique personnelle. Reste à savoir s'il parviendra à faire évoluer les mentalités concernant les robots humanoïdes, mais ses sourcils articulés constituent assurément un argument convaincant.
